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Tennis tribune

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Blog de tennis. Tests de raquettes, infos, billets d'humeurs sur le monde du tennis pro et amateur.


Voyage au centre de la terre battue

Publié par Rafael Babal sur 29 Mai 2016, 09:13am

Catégories : #Les dessous du tennis amateur

Voyage au centre de la terre battue

Notre ami Pierre Monard reprend sa plume aujourd'hui pour nous faire un petit historique sur l'histoire de la terre battue...

Roland Garros a commencé il y a de cela quelques jours. Célèbre tournoi de terre battue, il s’agit du seul grand chelem qui se déroule sur cette surface comme d’ailleurs un tournoi ATP sur 3. Rafael Nadal a fait de l’ocre le symbole de sa domination, et jusqu’à son abandon il comptait bien la maintenir en gagnant un dixième trophée à Paris. Mais revenons sur l’histoire de cette surface si unique, sur la raison de son existence, et sur les points à améliorer pour y être compétitif.

Une surface made in England

Malgré que cela soit souvent la surface de prédilection des joueurs latins, c’est bien un anglais qui a inventé la terre battue. William Renshaw c’est son nom, enseignait le Tennis à Cannes à la fin du 19ème siècle. Pour palier à l’état piteux de l’herbe des courts qui brulaient à cause de la chaleur, Il eut l’idée de se servir de pots en argile brisés provenant de Vallauris, dans le sud de la France, et de les réduire en poudre. Il dispersa alors la poudre d’argile sur l’herbe afin de la protéger.

Aujourd’hui, on n’utilise plus d’argile sur les courts à cause de sa forte réaction avec l’eau. De nos jours, ceux-ci sont principalement fait avec de la brique, ce qui donne cette couleur si reconnaissable. Pour infos, pour un court de Roland Garros, il faut utiliser jusqu’à deux tonnes de briques ! Mais ce n’est pas tout car la terre battue est en fait un mélange de plusieurs matériaux :

Poussière de brique rouge : 1-2 mm

Pierre calcaire concassée : 6-7cm

Mâchefer : 7-8 cm

Gravier concassée : Au moins 30 cm

Son influence sur le jeu

La terre battue est assez unique dans l’univers du Tennis par l’influence qu’elle a sur le jeu. Il y a bien plus de facteurs à prendre en compte quand on joue sur cette surface que sur les autres. La balle bouge plus lentement mais elle rebondit bien plus haut, ce qui force les joueurs à s’éloigner encore plus de la ligne de fond de court (la distance idéale étant souvent entre 1 et 3 m derrière). Evidemment, se tenir aussi éloigné du filet rend très vulnérable aux amortis, et de ce fait, la terre battue demande une très forte variété de frappes.

La nature même de cette surface oblige les joueurs à réfléchir à leurs déplacements. Quand un tennisman bouge pour renvoyer une frappe il ne lui faut pas juste bien renvoyer la balle avec le bon timing, mais il faut aussi se construire une tactique de jeu et essayer d’anticiper les retours. La balle peut agir aussi très différemment, le côté granuleux de cette surface intensifiant son rebond. Les joueurs sachant user de cette spécificité dans leurs frappes sont donc très avantagés sur cette surface.

Une surface changeante

La terre battue est aussi la seule qui peut changer au cours du match. Que ce soit par les courses, glissades ou rebonds, la surface est constamment en mutation. Et même à Roland Garros, on ne peut jamais complètement prévoir comment va gicler la balle.

Si la terre devient humide, les caractéristiques seront encore plus amplifiées : la balle sera plus lente et les rebonds plus hauts. Ces changements peuvent avoir lieu durant la période d’un seul match.

Les rois de la terre

Avec ses 9 titres à Roland Garros et son record de victoire sur terre battue depuis l’ère Open, Nadal est le champion incontournable de cette surface. Et il y a de forte chance que même dans 50 ans, il soit toujours un des plus grands joueurs sur ocre, si ce n’est le plus grand !

Celle-ci demande un jeu si différent, qu’elle a ses propres spécialistes qui n’ont pas forcément brillé ailleurs, comme par exemple Juan Ferrero et Gustavo Kuersten. Ce genre de joueurs viennent souvent d’Europe ou d’Amérique du Sud, car la terre battue y est omniprésente. De toutes les manières, il est vital si l’on veut devenir un grand joueur de s’entrainer et de s’adapter à l’art de la terre battue.

Terre d’apprentissage

Andy Murray, un des grands favoris de cette édition, l’a bien compris en s’exilant d’Angleterre dès l’âge de 15 ans pour aller jouer en Espagne, et s’éloigner des courts d’intérieur du Royaume-Uni. Sa mère Judy l’a entrainé en lui apprenant comment jouer sur terre battue et à se déplacer intelligemment. S’entrainer très tôt là-bas ne lui a pas seulement permis de s’améliorer sur cette surface, mais aussi sur toutes les autres. D’ailleurs, la tendance actuelle est d’y faire de longues sessions afin d’améliorer son endurance physique et mentale. Les choix de trajectoires et le plan de jeu sont particulièrement importants sur terre battue, et cela aide à avoir un esprit tactique plus affuté sur le long terme plutôt que se reposer uniquement sur la recherche d’un coup gagnant. Cela rend plus patient et protège le corps pour le reste de la saison. En effet, les impacts y sont bien moins forts que sur un court en dur.

Le jeu sur terre battue est unique dans le Tennis il est quasiment un sport dans le sport. Sans elle, le calendrier serait bien différent, et les compétences mises en avant seraient moins spectaculaires. Les courts de terre battue sont une partie intégrante de ce sport, et pour être le meilleur joueur de tennis au monde, il est primordial de pouvoir gagner quelques tournois sur cette surface.

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